Thierry Dusautoir : « Ils restent de gros connards »

Ce mercredi matin, nous apprenions le départ à la retraite de Thierry Dusautoir… Ce dernier s’est confié au journal l’équipe pour un entretien sans langue de bois.

 

Thierry Dusautoir revient sur l’évolution du rugby ces dernières années :

« Je suis partagé. Il est là où nous l’avons amené. Les différents acteurs du rugby ne peuvent pas être surpris et se dire : “Waouh, les valeurs ont disparu…“Chacun à son niveau a ses responsabilités. On a recherché cette exposition qui a amené plus d’intérêts, de regards et de personnes qui n’ont peut-être pas grandi dans ce milieu et ont une autre vision des choses. Après, quel que soit le système en place, il y a des institutions qui sont là pour réguler les choses et elles doivent le faire, vraiment. D’un point de vue de joueur, quand j’ai démarré, le rugby était déjà professionnel, même s’il y avait encore pas mal de pluriactifs. Or, aujourd’hui, de plus en plus souvent, le rugby est devenu un boulot pour certains. Je vois des trajectoires de carrières alimentaires et c’est dommage. Surtout pour eux. Alors, ils te diront : “Je t’emmerde, moi !“ Et ils auront raison parce que c’est leur carrière et leur vie. Je ne porte pas de jugement de valeur, d’autant que j’ai bien gagné ma vie grâce au rugby. Mais le monde professionnel, comme tout, doit être régulé. »

« Ils restent de gros connards » :

« Mais quel que soit le sport, il y a des brebis galeuses, des affaires de merde, sauf que l’on n’en parle pas forcément. Le rugby prend en pleine face l’effet boomerang de ses valeurs que l’on a marketées pendant des années pour, justement, y faire venir beaucoup plus de gens. Le jeu de rugby porte toujours en lui ses valeurs de courage, de solidarité. En revanche, le rugby n’a jamais délivré à qui que ce soit un certificat de vertu. Il y a des gros connards qui ont joué, ils ont été au contact d’un sport qui leur a fait connaître la solidarité, le partage… mais ils restent de gros connards. Mais ce sport réussit à rassembler des gens avec des qualités physiques et des personnalités ultra-différentes autour d’un jeu hyper-complexe, avec en plus la notion de combat. C’est vrai que c’est une année noire. Faut faire l’autruche ou est on allés trop loin dans le modèle et il faut désormais installer des garde-fous ? »

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