Saint-André une nouvelle fois remis en question

Le sentiment général qui ressort de cette défaite face à l’Irlande (18-11) est le regret. Des regrets caractérisés par ces 20 minutes encourageantes en fin de match, qui auraient pu faire basculer le match en faveur des français. Le banc a souvent été cité comme ayant apporté une réelle plus-value à l’équipe présente sur le terrain au coup d’envoi. Un constat partagé par Christophe Dominici dans l’émission On va s’en Mêler sur l’Equipe 21  « La deuxième mi-temps est intéressante notamment le coaching […] j’appuierais vraiment sur l’entrée de Morgan Parra »

Des choix remis en cause

Chaque sélectionneur connaît sa période de remise en question, de contestation de ses choix… Mais rarement à ce point et avec autant de vigueur. Il faut dire que la très bonne entrée de Morgan Parra n’a pas tellement légitimé les choix de PSA, face à une prestation (une nouvelle fois) en deçà de Rory Kockott sur qui le staff du XV de France misait beaucoup. Loué par la majorité des analystes pour avoir su dynamiser le jeu, mieux organiser le pack et insuffler un brin de folie dans le jeu du XV de France lors de ses deux entrées face à l’Ecosse puis face à l’Irlande, Morgan Parra est redevenu à leur yeux l’homme de la situation à la mêlée. Le cas Bastareaud est également évoqué. Beaucoup se demandent quel est son rôle au sein de l’équipe de France. Un leurre ? Un puncher ? Ou tout simplement un joueur dont l’objectif est de fixer les défenses ? Une chose est sûre, son potentiel physique n’est clairement pas optimisé dans le système de jeu de PSA. Un rôle ambigus qui nous perd nous, mais qui doit également perdre le principal intéressé, ce qui est plus problématique.

Pas de plan de jeu clairement définis

A maintenant quelques mois de la coupe du monde, le XV de France est toujours dans le doute. Depuis trois ans, le staff du XV de France a enchaîné les combinaisons de joueurs, à tout poste, modifié les tactiques, un coup mettant l’accent sur la défense, un coup privilégiant la prise d’initiative individuelle. Tant de facteurs qui font qu’aujourd’hui, à sept mois de la coupe du monde, l’équipe de France se retrouve sans plan de jeu, sans ligne directrice. On a le sentiment que pendant trois ans, PSA a tenté de faire son hit parade des meilleurs joueurs de France, les testant un à un sans réellement mettre en place un fil conducteur. Ainsi, alors qu’on pensait que Nicolas Mas serait un des cadre pour la coupe du monde, faisant partie des plans de PSA depuis son investiture,  voici qu’il se voit détrôné par Atonio, Debaty ou Slimani. Des incertitudes et des doutes présents au niveau du staff qui se retrouvent sur le terrain. A l’image des nombreuses fautes de mains des bleus samedi à l’Aviva Stadium, ou des contres qui se finissent par une passe mal ajustée, le groupe manque de confiance et d’automatisme. Ce manque de confiance qui se caractérise également par une indiscipline peu acceptable au niveau international. Avec 14 fautes face à l’Irlande, les bleus offrent des points faciles à ses adversaires, d’autant plus quand on joue face à un buteur de la trempe de Jonahtan Sexton auteur d’un 100% de réussite face à la France samedi.

Quelques points encourageant pour la suite

S’il y a bien un secteur sur lequel nous pouvons être satisfait, c’est bien la défense. Face à une équipe d’Irlande dont on redoutait les qualités offensives, les bleus ont tenus bon. N’encaissant qu’un seul essai en deux match (face à l’Ecosse), le XV de France fait (pour l’instant) mieux que la saison passée où les hommes de Philippe Saint-André avaient encaissé pas moins de 26 essais en 11 rencontres. D’autre part, l’apport du banc a considérablement redonné de l’élan dans l’animation offensive. On a déjà parlé de l’entrée de Parra, mais celle de Rémi Lamerat est tout aussi convaincante. Le centre Castrais a montré son envie de jouer et de trouver des solutions. Ce que Fofana peine à montrer depuis quelques matchs déjà. Un apport qui montre que certains joueurs ont « faim » et son capable d’amener ce brin de folie cher aux nostalgiques du célèbre French Flair (perdu ?) qui a fait la réputation du XV de France. Le seul essai du match inscrit par le deuxième ligne toulonnais, Taofifenua montre, dans sa construction, tout le potentiel qu’a l’équipe de France et qui, s’il est optimisé pourrait faire des dégâts. On en revient au même problème… L’équipe de France a un effectif pétris de talent comme, pour ne citer que les lignes arrières, les Hugets, Dulin, Fofana, Thomas entre autres, que les équipes adverses redoutent plus que tout, mais qui ne parviennent pas à exprimer leur génie dans cette équipe de France… Un mal récurrent, mais dû à quoi ? Un manque d’envie ? Des consignes de la part du staff ? Une chose est sûre, il suffira d’un déclic pour que cette équipe de France retrouve le chemin de la victoire… Et avec la manière s’il vous plaît !

 

Paul-Antoine LECLERCQ

Paul-Antoine LECLERCQ

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