Rugby Japonnais : Visite guidée d’une nation grandissante !

Ancré dans les lycées et les universités, le rugby au Japon peine à se professionnaliser. Peu populaire, loin derrière le baseball, le football, le tennis et les sports olympiques, il vient de réussir une percée spectaculaire, samedi, avec la victoire contre l’Afrique du sud (34-32). Visite guidée.

L’exploit du XV japonais face aux Springboks, samedi (victoire 34-32, à Brighton) a fait le tour de la planète et pas seulement ovale. Mais la plus grosse zone d’achalandage à conquérir pour le rugby nippon, c’est son marché domestique.

Maseto Nakayasu écrit pour Yomiuri, le plus important quotidien de l’Empire du Soleil levant. 10 millions d’exemplaires vendus chaque jour, 26 millions de lecteurs. «Mais la plupart ne connaissent rien au rugby et ne s’y intéressent pas», avoue Maseto. Loin derrière le baseball, sport national – «beaucoup moins compliqué que le rugby» assure Nakayasu – le football, le tennis et les sports olympiques. Mais depuis samedi soir, il a fallu fournir de la copie. «Notre lectorat, très classe supérieure, veut tout savoir, désormais, car chacun était devant sa télévision à une heure de matin, avec le décalage horaire, pour voir cette victoire

Soixante mille spectateurs pour la finale universitaire

Par tradition, les Japonais s’intéressent aux sports scolaires et universitaires. La finale universitaire entre Waseda et Meiji, par exemple (l’équivalent d’Oxford-Cambridge) attire 60.000 spectateurs quand une affiche du Championnat professionnel (Top League) peine à remplir un stade de 10.000 places.

Dominée par Panasanic (fort de plusieurs internationaux, comme le pilier Inagaki, le talonneur Horie, le troisième-ligne centre Holani, le demi de mêlée Tanaka et l’ailier Yamada), la Top League compte seize clubs au naming très CAC40 (Kobe Steel, Canon, Toshiba, Suntory, Ricoh, NTT, Yamaha, NEC…) et trois divisions régionales (trente clubs amateurs et semi-amateurs), soit 8.000 pratiquants de haut niveau pour un totale de licenciés de 106.000.

Hesketh n’est plus seulement M. Hohepa à la ville

Une pratique très « sociale », éloignée du professionnalisme. Mais avec ce succès retentissant, les choses ont subitement changé: Nekayasu, comme ses quatre-vingt collègues journalistes, tous médias confondus, sont maintenant nuit et jour auprès de la sélection. Le Néo-Zélandais Karne Hesketh, taillé comme le centre toulousain Yann David, dont il a des faux airs, natif de Hastings, dans la province de Hawke’s Bay, n’était que le trentième ailier kiwi de sa génération.

Avant samedi, il était connu uniquement pour être l’époux de la star des All Blacks féminines, la magnifique Carla Hohepa. En une minute, la dernière, samedi, il est devenu un héros national au Japon et, dit-il «(s)’étonne qu’on parle autant de (lui).» En Anglais. Parce que seulement deux membres des medias nippons parlent clairement la langue de Shakespeare.

Source : L’équipe

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