Morts aux doublons ? Nous avons enquêté

En année coupe du monde, le mot revient dans toutes les bouches, est la cause de toutes les lamentations, tout en faisant parti du paysage rugbystique depuis longtemps : les fameux doublons. Longtemps le cauchemar de Guy Novès et d’autres coachs un peu moins bruyants, mais tout aussi concernés, les doublons sont ces fameux weekends ou l’équipe de France joue en même que les équipes du Top14.

Hérésie déclarée par tout le monde, les doublons sont malheureusement dans l’état actuel, fait pour durer. Contrairement à nos cousins du ballon rond, l’intensité du rugby ne permet pas de caser des matchs en semaine. Les rares tentatives de la LNR menèrent à des catastrophes sportives avec des équipes qui se déplaçaient uniquement pour faire de la figuration.

A moins de rendre les matchs vingt minutes plus courts, idée insupportable aux ouailles des supporters et des diffuseurs, cette problématique est faite pour durer. Alors que faire ? Une année compte généralement 52 semaines. Comptons 29 semaines de top 14, 9 de Champions Cup, 6 tests matchs (3 en année coupe du monde), et 5 matchs de 6 nations, et 7 matchs lors des coupes du monde, et on arrive à un total de 53 semaines durant les années coupe du monde et 49 semaines le reste du temps… Ajoutons à cela la préparation physique et les vacances et on invente l’année à 60 semaines.

Il faut donc savoir faire des choix. Faut-il sacrifier les 6 nations ? Impossible c’est le monstre sacré du rugby nordiste. La coupe du monde, cette machine à cash qui popularise le rugby davantage que toute autre compétition ? Impensable. Supprimer les matchs retour en champions cup ? Ça serait une atteinte évidente à l’équité sportive pour les équipe ne recevant qu’une fois.

Reste ensuite le Top14 et les test matchs. Depuis longtemps beaucoup militent pour un Top12 qui réduirait le championnat de 5 journées avec l’élimination des barrages, non négligeable quand on sait que la saison 2013-2014 (la saison normale par excellence avec les deux tournées et pas de coupe du monde) contenait 4 doublons et un match en semaine.

L’autre solution, supprimer les tournées d’été ou d’automne et créer un système d’alternance avec l’hémisphère Sud, reste moins efficace avec « seulement » 3 matchs en moins.

Pour éradiquer les doublons, sans compter les « faux » doublons, c’est-à-dire les semaines où les internationaux sont pris à leur équipe pour s’entraîner à Marcoussis, il faut donc obligatoirement en finir avec le Top14. La solution paraît si simple.

Pourtant depuis l’avènement du professionnalisme, on n’arrive à tuer les doublons.

Simple amateurisme de nos dirigeants ou vrai débat ?

Car au delà de l’intérêt égoïste, mais compréhensible, des petits clubs qui craignent pour leur place dans l’élite, il y’a des vrais intérêts qui se combattent. Réduire le championnat de deux matchs signifierait moins de billetterie pour des clubs déjà souvent dans le rouge. Ce qui rendrait la présence des petits clubs comme Brive, Oyonnax ou encore Castres encore plus de l’ordre de l’exceptionnel.

Si on présente souvent le Top12 comme un moyen de protéger les joueurs, on oublie que l’on parle de quelques privilégiés, c’est-à-dire environ la quasi quarantaine de joueur dans le groupe français. Un joueur, pas retenu en équipe de France, qui ne participe pas aux phases finales, joue 32 semaines, environ 20 de moins qu’un international Clermontois ou Toulonnais. Un Top12 ne ferait qu’empirer la situation.

Un top 12 aurait aussi l’effet de mettre au moins 80 joueurs pros au chômage, sans compter le manque de rotation dans les clubs qu’un Top12 imposerait dû à la compétition accrue

D’ou la question veut-on vraiment mettre fin aux doublons ? Ceux-ci sont évidemment une aberration sportive, une arnaque pour les clubs détenteur d’internationaux, voir parfois une source de pression pour les joueurs de petite fédération (Samoa, Fidji, …).

Pourtant grâce aux doublons nous voyons enfin des jeunes français jouer un tantinet plus. On pense notamment aux clermontois Jedraziak, Sanga, au racingman Chat, au toulousain Bonneval, au castrais Dupont, au toulonnais Belan…

Les doublons sont aussi l’occasion de relancer le suspense, de permettre aux plus petits de rivaliser avec les plus gros.

En fait la vrai question est de savoir de qui, entre l’équipe nationale, vitrine mondial encore davantage que le Top14 du rugby Français, où le Top14, qui fait fait vivre notre sport toute l’année.

Y’a t-il une réponse claire à la question ? Je n’en ai pas la réponse, mais je pense que le débat mérite d’être ouvert en considérant avec attention les conséquences d’une telle décision. Alors mort aux doublons ?

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