Le saviez vous version CUDMORE ?

« Fidèle au poste

Dans ses années d’adolescence, Jamie Cudmore a touché à de nombreux sports : lutte, boxe anglaise (4 ans) mais surtout ski (sélectionné dans l’équipe junior des Canada) et snowboard. Et c’est dans cette dernière discipline qu’ il aurait aimé persévérer.

«Je le regrette. Beaucoup de mes amis de l’époque pratiquent le snowboard et vivent de leur passion…» Mais toutes ces activités ne canalisaient pas assez sa  » violence « . Alors, à 16 ans, il a «tout plaqué pour devenir bûcheron. On bossait sur des pentes, dans des conditions extrêmes. Les accidents étaient fréquents. J’ai souvent eu peur.»

Avec son petit salaire, il s’achète des bières et va les boire avec des amis autour du lac de Squamish, sa ville natale sur la côté ouest du Canada. Un village de 10.000 habitants entre un fjord et les montagnes Rocheuses. «Cela finissait mal parfois… Au poste.» Il faut dire qu’il arrondit également ses fins de mois en faisant la petite frappe pour un dealer de drogue. Il est alors, notamment, condamné, pour coups et blessures, à passer un an dans un centre de détention pour mineurs. Un profil de délinquant en puissance. Jusqu’au réveillon 1997. Jamie a 19 ans. Il organise une fête dans la maison de ses parents, absents. Alors qu’il est sorti, un voisin vient se plaindre du bruit. Deux de ses «invités» le battent à mort. Un drame qui va changer sa vie. «C’était un moment très, très triste de ma vie.» (D’après L’Equipe).

Une mêlée qui sent le whisky

Enfant, Jamie Cudmore a toujours rêver d’imiter ses idoles du hockey-sur-glace plutôt brutales. «Quand je voyais ces bagarres…» Hélas pour lui, sa maman, une institutrice un peu hippie, déteste la violence. Pas de crosses, ni de bastons. Alors qu’il a 17 ans, son patron lui dit de venir au rugby. Son argument? «Viens au rugby, tu feras la même chose et la police ne te fera pas chier…» Présentée comme cela, l’invitation est irrésistible. Il rejoint donc le club de Squamish Axemen. En vrai, un terrain miteux sans lignes avec des poteaux de bois fixés aux cages du football le temps d’un match.

«C’était bizarre le rugby à Squamish. Ruck, mêlée, bagarre. Ruck, mêlée, bagarre. Dans la mêlée, ça sentait le whisky, la vodka. Quelques mecs ont vomi. Je me suis dit: “Putain, c’est bien ce sport!”» (L’Equipe).

Il se fait vite remarquer, rejoint le club de Vancouver puis part en Nouvelle-Zélande, aux East Coast Bays. Puis ce sera Llanelli au pays de Galles, Grenoble, et Clermont depuis dix ans. «Dans un sens le rugby m’a sauvé la vie. Il m’a remis sur le droit chemin.»

Un surnom tout doux

Ses coéquipiers canadiens ont le sens de l’humour. En sélection, Jamie Cudmore est surnommé… «Cuddles». Câlinou en Français. Du dixième degré… En France, il est d’abord appelé «le Shérif» peu après avoir rallié Grenoble. «C’est Jacques Delmas qui m’a appelé comme ça pour la première fois. Un jour, un adversaire nous posait des problèmes. Il m’a appelé et m’a dit: “Dis donc le shérif tu le laisses continuer ou tu lui dis d’arrêter?” Alors, un peu vexé, j’ai donné un gros plaquage à ce mec…» (Midi Olympique). À Clermont, on est moins original puisqu’il y est surnommé «le Bûcheron». Cuddles peut se targuer d’états de service copieux. En 190 matches de championnat de France, il a récolté 27 cartons jaunes et 3 rouges. Plus deux jaunes et un rouge en coupe d’Europe. Et trois jaunes de plus lors de ses 36 sélections avec le Canada, le dernier il y a une semaine contre l’Irlande… Pour, depuis le début de sa carrière, un total cumulé de plus de 200 jours de suspension! Mais, ces dernières saisons, le rythme de ses cartons a nettement diminué.

Un psy pour s’assagir

C’est Vern Cotter, l’ex-manager de Clermont, qui, lassé de le voir disjoncter à chaque match ou presque, lui a recommandé de voir un psy. «Il n’aimait pas ça. Il me l’a dit quand il est arrivé. Il m’a parlé comme à un homme, j’apprécie. Je ne suis pas un ange mais j’ai arrêté les conneries. À une époque, je traînais un peu trop dans les mauvais endroits. Puis j’ai compris qu’on arrivait mieux à aider son équipe en restant sur le terrain.» (Midi Olympique) Le déclic? «Mon psychologue m’a dit “tu as le droit de taper sur quelqu’un, mais si tu mets tous les bons ingrédients dans ton jeu, tu n’en auras pas besoin.” Depuis, ça va beaucoup mieux.» (L’Equipe).

Son frère est un X-Men

Son petit frère – enfin façon de parler puisqu’il mesure 2,03 m – est une star au Canada. Et une valeur montante à Hollywood. Campant l’inquiétant Requiem dans «Aliens vs. Predator», Daniel Cudmore s’est surtout fait remarquer par son rôle du Russe Colossus dans la franchise des X-Men. Il joue également le rôle de Félix dans la saga Twilight. «La première fois que je l’ai vu au cinéma, j’étais mort de rire. Il a débarqué dans une scène d’action improbable, vêtu d’une combinaison bizarre. Il a mis trois tartes, proféré d’un ton grave quelque chose dont personne ne se souvient. Et il est reparti comme il était apparu…» (Midi Olympique). Pas rancunier après cette critique décoiffante, Daniel, trois ans plus jeune que Jamie, verrait bien son turbulent frangin suivre ses traces. «Il pourrait être bon acteur parce que le cinéma a besoin de ces gens qui peuvent avoir un visage de colère, puis de joie.» (L’Equipe). Le solide Clermontois a donné une idée de ses talents d’acteur lors d’une scène devenue culte pendant la dernière finale du Top 14 entre Clermont et le Stade Français. «C’est bien Bro!»… »

Source : Le Figaro

Donnez votre avis sur cette information plus bas en commentaire ! Echangez avec la communauté !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *