Le rugby et le Stade Toulousain interdit de jouer au Stadium en l’état

Alors que les travaux de rénovation sont en cours, la Ligue de rugby s’est aperçu que la pente du terrain sur les bords de touche était trop forte. Le terrain n’est pas homologable en l’état…

Décidément, il sera dit que le chantier du Stadium en vue de l’Euro 2016 n’en finit pas de réserver de mauvaises surprises. Après la révision à la baisse du projet initial et de la jauge spectateurs ou le feuilleton des sièges coincés en Italie qui n’arrivaient pas, voilà que c’est la conception du terrain, plus particulièrement des bords de touches qui pose problème. En tout cas pour le rugby… De quoi s’agit-il au juste ? Pour permettre aux rangs les plus bas d’avoir un bon champ de vision et de placer dans le même temps les banners autrement dit les panneaux publicitaires qui courent tout au long de la pelouse, les bandes de dégagement le long des lignes de touche ont été conçues avec une pente comprise entre 12 % et 27 %. Une déclivité qui ne fait pas souci pour les footballeurs, mais qui ne fait pas les affaires des rugbymen.

Un sérieux casse-tête…

Début juillet, la fédération et la ligue de rugby professionnels se sont aperçus que ce dévers était trop prononcé et qu’il ne correspondait pas à leur règlement. «Il faut que la pente n’excède pas 1 %, explique un proche du dossier. Ce qui est à peu près la valeur pour l’ensemble du terrain. En clair il faut que les bandes de dégagement soient planes dans la continuité de la pelouse. En l’état, une chose est sûre, le terrain du Stadium n’est pas homologable pour des matchs de rugby». La ligue et la fédération ont immédiatement soulevé la question auprès de la mairie de Toulouse, propriétaire du Stadium en en même temps qu’un sérieux casse-tête, dont tout le monde se serait bien passé. Car de deux choses l’une, soit les bandes de dégagement sont remises à niveau et les premiers rangs perdront alors toute visibilité, soit on les maintient en l’état et le rugby sera alors définitivement banni du Stadium. Un comble pour une enceinte qui a vibré de tant de rencontres du Stade Toulousain et de l’équipe de France. Autant dire que le sujet est cornélien. Selon nos informations, les responsables de l’UEFA, qui viendront en septembre superviser le chantier du Stadium, devront dire s’ils sont d’accords pour modifier leur cahier des charges publicitaire et engager des travaux qui pourraient se faire pendant la trêve hivernale. En cas de non, la ligue professionnelle de rugby (LFP) a fait savoir qu’elle pourrait accorder une dérogation maximum de deux ans, mais qu’il faudra, quoi qu’il en soit, procéder aux ajustements. Sinon, le rugby ne reviendra plus au Ramier. Une perspective inimaginable dans la Ville rose. Toute dévolue au ballon rond, l’organisation de l’Euro 2016, qui a imposé ses vues, ne s’est visiblement pas préoccupé des autres usages du Stadium et d’un autre ballon ovale. À l’arrivée, il faudra un nouveau chantier et alourdir un peu plus une ardoise déjà salée..


La rénovation du Stadium : un projet mal embouché

Ce nouveau «couac» dans le chantier de rénovation du Stadium en dit long sur les approximations et les incohérences qui accompagnent ce dossier depuis le départ. Une candidature tardive de Toulouse comme ville hôte de l’Euro 2016, un repêchage miraculeux, puis un projet architectural revu à la baisse passant de 40 000 à 33 000 places… Le contribuable toulousain est en droit de se demander ce qu’on est venu faire dans cette galère. D’autant que la facture s’alourdit déjà de jour en jour. Les travaux ne coûteront pas 41,5 millions d’euros comme prévu, mais plus de 50 millions. Un supplément non négligeable de 9 millions, essentiellement lié aux exigences de l’Union européenne de football (UEFA), qui demande des aménagements spécifiques, notamment électriques, mais aussi des salons de réception, des bureaux pour l’organisation et des locaux pour des studios de télévision. Du côté du Capitole, on estime ce surcoût autour de 5 millions : «3, 5 millions d’euros qui n’ont pas été budgétisés par la précédente municipalité, plus 1,4 million pour la réfection de la pelouse». Mais si on veut que le rugby ait encore droit de cité au Stadium, il va falloir encore rallonger beaucoup d’argent…


Repères

Le chiffre : 27 %

De Pente >Bord du terrain. C’est la déclivité des bandes latérales de dégagement le long des touches au Stadium. Une pente trop importante pour la Fédération et la Ligue de rugby, qui interdit toute homologation du terrain, en l’état.

« L’UEFA dira en septembre si elle accepte de nouveaux travaux pendant la trêve hivernale. Quoi qu’il en soit si le rugby revient, il faudra encore sacrifier des places ».

Source : La dépêche

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