La préparation Barbare du XV de France

La préparation pour la coupe du monde à peine commencer que les joueurs du XV de France s’avouent déjà exténués  mais motivés …

Entre wattbike et TUB2, de drôles d’acronymes ou d’abscons termes anglais ont envahi cette semaine le programme du XV de France, lancé dans une éprouvante préparation physique en vue de la Coupe du monde. « Venez le faire, comme ça vous saurez vraiment de quoi vous parlez dans les journaux ». Adossé à l’ombre d’un poteau, une pâte de fruit rouge dans la main, le talonneur Dimitri Szarzewski alpague sourire en coin les quelques journalistes venus observer vendredi une séance de « crossfit » au Centre national du rugby de Marcoussis.

On n’aurait pas trop envie d’être à leur place: voir défiler trois groupes de 12 sportifs de haut niveau suant, grimaçant ou râlant autant, cela situe bien la difficulté de l’épreuve. Au menu, deux fois huit minutes d’effort, comprenant du rameur, de lourdes cordes à soulever, des coups de masse (10 ou 15 kg) à asséner sur des pneus de tracteur et du vélo. Sous les bruyants encouragements de l’encadrement, dont le manager Philippe Saint-André, les joueurs encaissent aussi les 8 sprints de 10 secondes sur le Wattbike, un vélo d’entraînement bien particulier. « Plus on force, plus c’est dur », résume le deuxième ligne Alexandre Flanquart.

Dumoulin: « Tu mets plusieurs minutes à reprendre une marche normale »

« C’est une nouvelle machine de torture qu’ils ont trouvée je ne sais pas où », poursuit le centre Alexandre Dumoulin. « Tu as les cannes qui engorgent très vite et tu mets plusieurs minutes à reprendre une marche normale ». « C’est très très dur, ça nous met directement dans le rouge au niveau des jambes », abonde Gaël Fickou. « C’est un peu ce qu’on ressent en match quand on fait deux-trois sprints et qu’il y a une contre-attaque ».

Effectivement, après l’enchaînement d’exercices, les 12 victimes ont bien du mal à reprendre leur souffle. « On reste debout, c’est important », crie pourtant le préparateur physique Julien Deloire, le bourreau du groupe. Depuis lundi, les 36 élus en bavent, comme promis par Saint-André et ses adjoints Yannick Bruet Patrice Lagisquet, qui espèrent ainsi « optimiser » leurs troupes pour le Mondial anglais (18 septembre – 31 octobre). Et cela va au-delà des traditionnelles séances de cardio et musculation.

Kockott: « Mettre le réveil »

« C’est parti sur un rythme élevé et on a déjà des courbatures », souligne ainsi le talonneur Guilhem Guirado, qui a dû se soumettre comme les autres aux tests préliminaires, « TUB2 » (test de l’Université de Bordeaux 2) et « yoyo test ». Le premier se déroule « autour de la piste » d’athlétisme du terrain d’honneur, détaille Alexandre Flanquart. « Ça consiste en trois minutes d’effort, une minute de récup ». Et au fur et à mesure, l’intensité augmente. « A chaque bip de la machine, il faut être à un plot et à chaque palier la vitesse s’accélère », poursuit le deuxième ligne.

Le « yoyo test » se déroule entre deux plots espacés de 20 m sur un terrain. Là encore, les « bips » rythment l’exercice, à un tempo de plus en plus frénétique.« C’est le plus dur au niveau de l’intensité et du mental », estime le demi de mêléeRory Kockott. « Du coup il n’y a pas trop de bruit dans le couloir entre midi et trois heures ! 99% des gens font la sieste. Même le staff est fatigué. Et il faut mettre le réveil ».

Pour tenir, la fréquence des repas a été aménagée. « On ne mange pas plus mais plus souvent: on prend des petites portions pour récupérer ce qu’on vient de perdre », explique Guirado. « On est un peu des robots, on suit ce qui nous a été concocté », ajoute le Toulonnais en souriant. Et ça ne fait que commencer: le stage délocalisé à Tignes (Savoie) à partir de mercredi prochain est décrit comme encore plus éreintant. Ça promet.


 

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