Interview: Chouly – « Essayer de mettre plus d’enthousiasme »

Le néo-capitaine de l’ASM Damien Chouly revient sur les récents résultats et son nouveau rôle au sein du club. C’est avec l’envie de se racheter de la défaite face à l’Irlande, qu’il aborde la réception du Pays de Galles. Motivé, il annonce que l’équipe de France va tenter de jouer plus libéré tout en essayant de gommer quelques imprécisions qui coûtent souvent la victoire aux bleus. 

Actu-Rugby.fr  :En tant que capitaine, que pensez-vous du match nul (13-13, ndlr) que l’ASM est allé chercher face au Racing ce Week-End ? On a vu que ce résultat a un peu sonné comme une victoire au sein du groupe. Etes-vous satisfait du résultat ?

Damien Chouly : Oui comme une victoire je ne sais pas mais c’est un bon résultat. Au vu déjà du match, parce que c’est un match qu’on aurait pu perdre. On a su trouver les ressources pour revenir dans le match et être plus précis et enfin marquer un essai, parce qu’on a eu beaucoup d’occasions, mais malheureusement, c’est le Racing qui en a profité.  Donc oui satisfait de ça. On a trouvé les ressources pour arriver à un match nul et prendre deux points. Ça fait du bien au classement quand on voit le résultat de nos concurrents direct, avec la défaite de Toulon (28-23 face à Bordeaux, ndlr) et du Stade Français (23-6 face à Bayonne, ndlr). Comptablement c’est une bonne opération.

« Mais après ce n’est pas comme si Aurélien (Rougerie, ndlr) n’était plus là. »

A-R : Par rapport à votre nouveau rôle au sein du club, vous avez été promu capitaine, prendre le relais d’Aurélien Rougerie n’a pas été difficile à gérer ?

D.C : Je ne me suis pas vraiment posé la question comme ça. On m’a proposé de prendre le poste de capitaine. Mais après ce n’est pas comme si Aurélien (Rougerie, ndlr) n’était plus là. Aurélien est toujours là, il fait toujours partie du groupe. Ce n’est pas comme si c’était un joueur qui s’en allait ou qui arrêtait. Il est toujours là, ça fait un moment qu’il est là et il a un rôle important au sein du groupe. Il est toujours bien présent que ce soit avec moi ou avec tous les autres joueurs. Donc c’est bien pour faire la transition.

A-R : Comment appréhendez-vous la réception du Pays de Galles, qui va venir au Stade de France dans le but de se racheter après leur défaite à domicile en ouverture du tournoi face à l’Angleterre ?

D.C : Oui bien sûr, après leur défaite à domicile contre l’Angleterre, ils ont su relever la tête contre l’Ecosse. On s’attend forcément à un gros combat aussi parce qu’ils vont forcément venir gagner. C’est un match du tournoi donc finalement, ce n’est que des matchs à forte intensité. Donc on va surtout essayer de se concentrer sur nous et essayer de jouer… Un peu plus libéré je dirai. Un peu comme on a fait en seconde période contre cette équipe d’Irlande, et vraiment jouer tous les coups à fond pour qu’on n’ait pas de regrets et moins de frustration comme ça a pu être le cas après ce match contre l’Irlande.

« On est les premiers frustrés quand on sort d’un match comme ça, quand on perd un match, ou qu’on ne fait pas ce que l’on a mis en place à l’entrainement. »

A-R : Justement, par rapport à cette défaite contre l’Irlande, la prestation de l’équipe de France a été fortement critiquée. Comment réagissez-vous face à ces critiques ?

D.C : Oui, on sait qu’il y a une très grosse attente autour de l’équipe de France et tout le monde a envie que l’équipe de France ait de meilleurs résultats que ça, et nous les premiers. Donc chacun a son opinion, chacun a son avis et chacun le donne. Donc on fait avec parce qu’on sait que quand on représente son pays, on est exposé et on se doit de vraiment chercher le haut niveau, et qu’il y a une grosse attente. Mais comme je le dis, encore une fois, nous les premiers, on a une grosse attente envers nous-même surtout. On est les premiers frustrés quand on sort d’un match comme ça, quand on perd un match, ou qu’on ne fait pas ce que l’on a mis en place à l’entrainement. Donc voilà les critiques font partie du jeu, mais ce n’est pas pour ça qu’on se met la tête au fond du saut, au contraire. On cherche la perfection aussi. Donc on est reparti à l’entraînement avec la même volonté et la même envie. Il faut juste essayer de mettre plus d’enthousiasme pour essayer de réaliser de grandes choses, notamment samedi.

A-R : Oui on a vu que pendant la deuxième mi-temps, l’équipe de France jouait mieux, ça a d’ailleurs largement été souligné. C’est d’autant plus frustrant quand on voit le niveau de jeu que le XV de France est capable de produire…

D.C : Oui on peut avoir des regrets. Mais pourquoi on a su se créer des espaces en deuxième mi-temps ? Justement parce qu’on a réussi à les user physiquement pendant tout le match. Et au final après, avec l’apport de notre banc en particulier, les irlandais étaient fatigués et justement les espaces se sont ouverts. C’est aussi un travail de sape qui a permis à l’équipe et notamment à ceux qui sont rentrés de pouvoir en profiter, et c’est ça qui est intéressant.

« On ne peut pas déjà penser à la coupe du monde alors qu’on est en plein tournoi. »

A-R : Etes-vous confiant à maintenant huit mois de la coupe du monde ?

D.C : Disons qu’on garde le cap. Il ne faut pas lâcher. Le haut niveau se joue à des détails. On voit qu’on n’est pas loin de pouvoir faire basculer tout ça en notre faveur. Il manque des petits détails comme la précision et la maîtrise. Mais on sent que les choses viennent petit à petit même si le score ne reflète pas encore ce qu’on voudrait, c’est-à-dire la victoire. Donc voilà, il faut garder le cap et je crois que les trente joueurs, on est persuadé de ce qu’on fait.

A-R : A choisir il vaut mieux apprendre dans la défaite au tournoi pour l’emporter pendant la coupe du monde…

D.C : Evidemment ! Après ce sont deux choses différentes, on ne peut pas déjà penser à la coupe du monde alors qu’on est en plein tournoi. On avance petit à petit…

A-R : De nombreuses critiques  ont été faites à l’encontre de la troisième ligne du XV de France que certain ont jugé peu complémentaire. Que pensez-vous de votre association avec Bernard Le Roux et Thierry Dusautoir ?

D.C : Oui et bien on prend nos repères entre nous. Je pense que ça a plutôt bien fonctionné contre l’Ecosse. Donc voilà, d’un match à l’autre ça peut évoluer, mais moi ce n’est pas quelque chose qui me choque. Après chacun et libre d’avoir son opinion, après nous on a nos repères. Et puis l’important est d’essayer de mettre toutes nos qualités au service de l’équipe. On apporte chacun dans un secteur de jeu et c’est ce qu’il faut s’appliquer à faire, tous ensemble justement. Si chacun amène sa qualité dans le secteur demandé, si chacun fait son boulot, ça va finir par payer.

A-R : La sortie du livre de Pierre Bellester, dévoilant une enquête choc sur le dopage dans le rugby, ajoute-t-elle une pression supplémentaire ?

D.C : Non ! Honnêtement non, après on va voir ce que dit ce livre. Surtout en tant que joueur de l’équipe de France, on a quand même pas mal, et de prévention, et de détections, et de sanctions. Donc ce n’est pas quelque chose qui doit nous effrayer. Moi ça ne m’effraie pas du tout, on n’a aucun problème avec ça. Il suffit qu’on dérive un peu est on est banni de la sélection à vie, donc dans le haut niveau, ce n’est pas quelque chose à laquelle on aspire. Après des contrôles il en faut. On est contrôlé plusieurs fois par ans, que ce soit en club ou en sélection, donc c’est quelque chose qu’on accepte volontiers. Parce que si on veut aider à prouver justement qu’il n’y a pas de dopage, et bien tant mieux. Mais voilà… C’est comme ça.

A-R : Comment appréhendez-vous votre avenir ?

D.C : Oui et bien, bien ! C’est ma troisième saison à Clermont, j’ai la chance d’être capitaine cette année, c’est un rôle qui me tient à cœur. Donc voilà, l’avenir nous le dira, mais en tout cas, je me sens bien à Clermont.

A-R : Etes-vous touché par la situation de l’USAP, votre ancien club ?

D.C : Oui un petit peu, surtout la descente l’année dernière, en plus c’est tombé contre nous pour le dernier match. Donc forcément ça m’a fait un petit quelque chose à la fin du match. Je m’en souviens très bien… Donc oui je suis un peu ce qu’ils font cette saison, mais là ils ne sont pas encore à plein régime. Ils limitent la casse, mais ils ont quand même du mal à gagner à l’extérieur. Et si on veut aspirer à remonter, il faut être capable d’aller gagner à l’extérieur.

A-R : Et puis avec Pau qui est déjà loin devant…

D.C : Oui bon Pau, prend le large donc pour la qualification directe ça va être très compliqué, mais même si on veut gagner la finale d’accession, il faut aussi être capable d’aller gagner quelques matchs à l’extérieur.

Paul-Antoine LECLERCQ

Paul-Antoine LECLERCQ

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