Cet international Français pousse un gros coup de gueule sur le rugby Français

Le pilier international Français passé par le Rugby Club Toulonnais, Fabien Barcella a annoncé, dans les colonnes du Midi Olympique, qu’il était dans l’obligation de mettre un terme à sa carrière. Blessé à un tendon d’Achille en août dernier, le joueur de 33 ans a récemment appris qu’il ne pourrait plus refouler les pelouses du Top 14.

Ce-dernier a accordé un entretien au bi-hebdomadaire de ce lundi. Il en a profité pour pousser un gros coup de gueule sur le rugby Français en général.

Voici quelques extraits:

Les protéines dans le rugby:

« On fera de mauvais vieux, c’est certain. Mes articulations et mon dos me le rappellent tous les matins… Ma génération a été la première à qui des diététiciens ont fait prendre des protéines, pour qui le «shaker» à la salle de muscu est une normalité. Aujourd’hui, dans un vestiaire de rugby, il y a des pots de partout. C’est l’envers du décor, et personne ne s’en émeut. La prise de compléments alimentaires est banalisée aujourd’hui. Les clubs sont carrément sponsorisés par des marques de compléments ! À titre personnel, j’ai eu recours à cette alimentation. Comme il fallait que je fasse deux séances de musculation par jour pour être performant au haut niveau en tant que pilier, ces produits me permettaient de supporter les charges de travail, et de mieux récupérer. »

Le manque de contrôles antidopage:

« Si on veut lutter contre le dopage, il faut s’en donner les moyens. Je n’ai jamais vu dans le rugby de dopage organisé comme ce fut le cas dans le cyclisme, mais il ne faut pas être naïf quant aux initiatives individuelles. Aujourd’hui, le cyclisme est dans l’excès en matière de lutte anti-dopage mais le Top 14 n’est pas assez contrôlé, j’en suis persuadé. Les règles ne sont pas assez strictes… À titre d’exemple, savez-vous que l’on peut prendre de la cocaïne en toute impunité ? C’est incroyable mais c’est comme ça : en matière de lutte anti-dopage, l’AFLD stipule que la prise de cocaïne n’est pas considérée comme dopante si le prélèvement a lieu en semaine. »

Son dégoût du rugby actuel:

« J’ai plutôt le désir de couper avec ce milieu. Notre rugby part en couille, j’en suis convaincu. Quand j’ai débuté, on parlait français dans les vestiaires, bientôt ce sont les Français qui vont devoir prendre des cours d’anglais pour comprendre les discours du coach. L’argent de Canal+ rentre en compte, bien sûr, et le public est content de voir les Carter ou Nonu… Ce n’est pas de la faute des étrangers, qui profitent du système, mais le rugby français en pâtit. Ce n’est pas un hasard si nous sommes la 8e nation mondiale, si les coachs qui se succèdent ne trouvent pas de solution. Que serait-il advenu si j’étais arrivé aujourd’hui à Auch ? J’aurais probablement eu un ou deux piliers étrangers devant moi, n’aurais jamais joué, ni réalisé la petite carrière que j’ai eu la chance de faire. À 20 ans, il faut jouer pour progresser. Aujourd’hui, nous sommes la seule nation au monde qui ne fait pas jouer ses jeunes. C’est aussi simple que ça… »

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