Agen : « Oh ! Toulon ! On arrive ! »

Une dizaine de milliers de supporters se sont réunis à Ernest-Wallon pour pousser le SUA vers les cieux. Une finale remplie de joie, de peur et finalement d’une folle délivrance sur la pelouse du stade. Retour sur quatre-vingts minutes de passion.

Et Lionel Mazars fit exploser la tribune Nord. D’un geste rageur, le capitaine agenais, qui vient de se relever d’un ultime regroupement transcende le mur bleu et blanc qui lui fait face. Il restait une poignée de secondes. C’était avant que Raphaël Lagarde allume en touche le ballon de la vraie délivrance. C’était après dix — quinze minutes peut-être — de domination montoise qui ont crispé, calmé, apeuré tous les milliers d’Agenais présents à Ernest-Wallon hier. Eux qui, pendant tout le reste du match, ont poussé, chanté, gueulé comme jamais. «Eh ben… Ça change d’Armandie !» lançait même, en début de match, une grande blonde aux cils bleus exagérément longs, qui filmait la valse des drapeaux avec son téléphone.

Agen gagne la guerre des tribunes

Parce que, qu’on se le dise, les Agenais ont été bouillants en tribunes. Une «guerre qu’on ne doit pas perdre, pas comme l’année dernière», commentait Éric en descendant du bus, faisant face à trois supporters montois chambreurs. Difficile d’être objectif quand on est au milieu de ce grand kop, avec deux cornes à côté de chaque oreille, mais on va le dire quand même : cette guerre, Agen l’a gagnée. Largement. Malgré la tension des dernières minutes. Et les cris du cœur qui tombaient de la travée au moment de la pénalité montoise : «Pas maintenant !», «Pas d’un point, s’il vous plaît !»

«Je descends sur la pelouse !»

Tout a été prétexte à faire résonner Ernest-Wallon. L’essai de Taylor «Air Canada» Paris, évidemment. L’essai refusé à Mont-de-Marsan en fin de match, où tous les Agenais jouaient les arbitres devant les ralentis qui passaient sur l’écran géant. «S’il leur accorde, celui-là, je descends sur la pelouse !», s’énervait un supporter avec son chapeau de paille bleu sur la tête.

Et il l’a fait. Il est descendu sur la pelouse. Lui, moi, nous, des centaines, des milliers sûrement sont descendus sur le pré. Quatre-vingts minutes d’attente et — soyons honnêtes — de souffrance qui aboutissent sur une liesse collective remplie d’histoires personnelles. Deux quadragénaires qui se tiennent par les épaules, la respiration courte et se contentent d’«On y est, non ?». Cette jeune fille qui s’égosille au moment du lever de la coupe, des traces de larmes bleues et blanches sur ses joues peintes. Des gosses qui ramassent les rubans or et argent qui jonchent la pelouse «pour faire un souvenir».

Et maintenant ? Maintenant la fête. Réhydratation houblonnée pour les nouveaux pensionnaires de Top 14 qui se sont égosillés pendant le match. Maintenant la fête mais les yeux déjà tournés vers la saison prochaine, des ambitions plein la tête. C’est un Agenais vêtu d’un maillot du SUA géant qui donnait des airs de djellaba qui annonce : «Oh ! Toulon ! On arrive !» L’élite est prévenue.

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Source : La dépêche

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